Universités du Ramadan 2026 : Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy passe le monde et la Umma au scanner
L’ouverture officielle des Universités du Ramadan 2026 restera dans les mémoires. À Tivaouane, ce samedi 21 février, l’événement a tenu toutes ses promesses, porté par un discours dense et captivant de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Capitaine. Face à un public attentif, le conférencier n’a pas simplement inauguré une rencontre académique et spirituelle : il a invité à penser le monde autrement.
D’un ton posé, parfois professoral, souvent interpellateur, Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy a déroulé une radioscopie des dynamiques mondiales et islamiques, reliant les mutations géopolitiques, les fractures socioculturelles et les défis qui traversent aujourd’hui le Sénégal, l’Afrique et la communauté musulmane.
Le thème central de cette 29ᵉ édition — « La Umma à l’épreuve du monde contemporain : défis, fractures et recompositions, les musulmans interpelés » — a servi de boussole à une réflexion sans concession. Une réflexion qui commence par une question apparemment simple : « Doit-on dire Umma islamique ou Umma musulmane ? » Pour Serigne Cheikh, la différence est fondamentale. Être musulman, rappelle-t-il, est plus fort que d’appartenir simplement à la communauté islamique.
Dans cette même logique, Serigne Cheikh Ahmed Tidiane SY élargit le débat. Il remet en cause la narration historique occidentale, qu’il juge réductrice, notamment sur la place de l’Afrique dans l’histoire des civilisations. Il insiste sur les racines africaines du monde ancien, critique la division arbitraire du Sahara et dénonce une lecture biaisée opposant artificiellement Afrique subsaharienne et monde méditerranéen.
Évoquant l’Antiquité, il rappelle que Cléopâtre était d’origine macédonienne, parlant d’un « placement politique » dans l’histoire, tout en contestant l’idée selon laquelle toutes les sociétés anciennes auraient été fondamentalement patriarcales.
Numérique, manipulation et souveraineté
Le discours prend ensuite une tournure plus contemporaine. Technologies numériques et réseaux sociaux sont décrits comme de nouveaux outils d’endoctrinement et de contrôle, capables d’orienter les consciences et de servir des agendas politiques. Téléphones portables et plateformes numériques deviennent ainsi, selon lui, des espaces de propagande déguisée. Il met particulièrement en garde contre les diversions politiques, la propagande et l’endoctrinement qui passent par les téléphones portables, soulignant par exemple que le directeur de TikTok est un ancien agent de renseignement israélien.
Ces mécanismes s’inscrivent, explique-t-il, dans des enjeux géopolitiques plus larges. De la souveraineté nationale aux tensions internationales, en passant par le conflit à Gaza, Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy établit des liens directs entre les crises mondiales et les fragilités internes des sociétés africaines et musulmanes.
Au fil de son intervention, un message revient avec insistance : la nécessité d’une prise de conscience, en particulier chez les jeunes. Face aux manipulations médiatiques, aux pressions étrangères et à l’érosion des repères culturels, il appelle à cultiver l’esprit critique et à défendre l’autonomie intellectuelle. Il a mis en garde contre les logiques de propagande et de diversion politique, appelant à une vigilance accrue face aux contenus consommés quotidiennement, notamment par la jeunesse
